Journal FO retraités
RETRAITES FO des Alpes Maritimes
Au fil de l’eau octobre 2005
Seniors : des constats alarmants |
C’est le Conseil national des retraités et personnes âgées qui a rendu public en mai 2005 un rapport qui démontre une érosion continue du pouvoir d’achat des retraités. Même si cette diminution annuelle semble faible, elle apparaît de plus en plus comme véritablement programmée, face aux autres engagements de l’Etat. C’est à une lente dégradation de l’égalité de traitement entre générations à laquelle on assiste.
La baisse de pouvoir d’achat est évaluée à 1% par an, ce qui représente 10% pour les dix dernières années. Entre 2000 et 2003 le point d’indice a augmenté de 3% et les prix de 6,7%. La hausse des prélèvements sociaux et des cotisations mutualistes sont à l’origine de nouvelles pertes de pouvoir d’achat. Pire, la non déduction du revenu des cotisations mutualistes, aboutit à faire payer l’impôt sur un revenu amputé par ces cotisations.
Enfin pour les retraites les plus faibles, la réforme de 2003 supprime la péréquation entre actifs et retraités. Alors que le minimum de traitement est passé de janvier 2004 de l’indice 261 à l’indice 276 en juillet 2005, le montant garanti n’a progressé que de 1 point de 217 à 218, pendant la même période. En seulement 18 mois, la perte est de 4%, pour les pensions les plus basses !
Rappelons que le budget 2005 a diminué de 24 % les crédits affectés aux prestations sociales dans la Fonction Publique, dont moins 19% pour l’aide ménagère à domicile.
La revue « Que Choisir » du mois d’octobre consacre une enquête aux maisons de retraites. Son bilan est net :
- pénurie de places,
- carences en formation du personnel,
- prix exorbitants et en hausse fréquente,
- manque d’animation ou inanité de ces animations,
- manque de personnel et changements incessants,
- horaires aberrants : lever à 5h30 et coucher à 16h30 dans des cas extrêmes.
Ce constat démontre la nécessité de défendre le pouvoir d’achat face à des prix de pension qui atteignent 1800 euros par mois en province et 3000 euros en région parisienne. Or la retraite moyenne des français n’est que de 1100 euros par mois.
Le manque de personnel et ses carences ont des effets pervers sur les résidents en maison de retraite. Installés devant une télé qu’ils n’entendent quelquefois pas ou qu’ils ne voient pas bien ou qui ne les intéresse pas. Bien souvent, ils dorment, la tête en biais, avachis dangereusement dans leur fauteuil. En parant au plus pressé on oublie l’essentiel : la dignité. Pourtant d’autres exemples cités incitent à l’optimisme. En considérant mieux les résidents, en leur donnant plus d’autonomie, tout le monde y gagne. Plusieurs expériences montrent une reprise d’autonomie avec une diminution de moitié des toilettes au lit et une reprise d’autonomie complète à l’occasion des repas. Mais pour éviter une déchéance et un repli, il faut investir en temps, ce qui semble impossible lorsque les effectifs de soignants sont trop faibles.
Un réseau de prévention des risques a été organisé pour diminuer les risques encourus par les personnes âgées de 70 ans et plus, qui résident à Nice Centre et Nice Nord
- Risque d’isolement : 38% des personnes ont moins d’une visite par semaine,
- Risque nutritionnel : 16% des cas,
- Risque de chute : 33% des personnes avouent un chute dans la dernière année, dont 35% ne peuvent se relever seules (ce qui est aggravé avec le risque d’isolement décrit plus haut). A noter que 47% de femmes et 18% des hommes ont peur de tomber,
- Risque cognitif et troubles de la mémoire : 14% des cas, bien que 39% des personnes se plaignent d’une diminution de leur aptitude,
- Risque de dépression : 17% de personnes à risques.
Le risque global pour la totalité de la population recensée atteint 40% des patients. Toutefois le coût de la prévention des risques est supérieur au coût d’une population similaire ne faisant pas l’objet du même suivi.
Le résumé de l’opération Qualivie est reporté intégralement en fin du fil de l’eau
| Effets d’annonce et gouvernance sociale |
Après avoir proclamé la diminution du déficit de la Sécurité Sociale, grâce aux mesures bénéfiques du plan de réforme, faut-il encore constater que les déficits croissent et embellissent ! Il faudra ajouter à l’année 2005 11, 6 milliards aux 11 de l’année précédente. Rappelons qu’en 1995 le plan Juppé de réforme de la Sécurité Sociale devait en assurer l’équilibre par la prise en charge de la gestion par l’état. Un Etat qui était incapable d’assurer lui-même l’équilibre de ses comptes et qui s’est fait condamner pour déficit excessif par l’Europe.
Lutte contre le chômage : revirement complet |
Les emplois jeunes sont recréés
La réalité c’est que ces emplois n’en sont pas vraiment. Ils sont provisoires (deux années) et bon marché avec une durée variant de 20 heures à 26 heures par semaine.
Une situation paradoxale
C’est le ministère de l’Education qui est censé perdre le plus d’emplois dans la politique recherchée du moins d’Etat possible, qui bénéficie le plus de ces recrutements.
A l’issue des deux ans, il faudra bien pérenniser la situation ainsi créée, et titulariser. Or les aides éducateurs sont recrutés sans qualification. L’Etat devra les former, alors que d’autres chômeurs qualifiés resteront sur le pavé.
Tous les jours, le nouveau ministre de l’Education nationale a surenchéri sur ses propres propositions de création d’emplois. Vous savez, il s’agit de ces fameux emplois instaurés par la gauche marxiste et jugés totalement inefficaces pour lutter contre le chômage. Eh bien on en crée 18 000, 40 000 pour parvenir au chiffre de 45 000. En fait il s’agit de remplacer 25 000 contrats de CES qui arrivent à échéance prochainement. Les nouveaux contrats sont issus de la loi Borloo de cohésion sociale qui prend la suite de la politique Jospin. Le ministre de la Santé a aussi prévu de recruter dans le service public hospitalier 40 000 emplois, d’autres ministres emprunteront la même voie… Faut-il se réjouir de ces créations d’emploi dont le journal Le Monde dit qu’en période préélectorale, le carnet de chèques serait inépuisable, au détriment des principes libéraux visant à diminuer le poids de l’Etat ? Des emplois encore plus précaires et peu rémunérés
Lors de la présentation du projet de loi autorisant le gouvernement à prendre par Ordonnances des mesures sur l’emploi, le Premier Ministre a invoqué l’exemple du Danemark. En effet, la flexibilité de l’emploi y est citée en exemple, permettant d’embaucher et de licencier facilement. Cependant, l’exemple donné à cette occasion souffre d’une prise en compte partielle et donc partisane de la situation sociale au Danemark. Utiliser cet exemple pour flexibiliser le licenciement omet un équilibre basé sur la confiance sociale. La cohérence du système danois, repose sur le fait que la notion de précarité y est dénuée de sens. En cas de chômage, le droit aux prestations y est de quatre ans. Le taux de remplacement des indemnités est de 90% du dernier salaire, jusqu’à 27 000 euros. En conséquence cet exemple invalide la thèse selon laquelle, de basses prestations d’indemnisation du chômage, inciteraient leurs bénéficiaires à retrouver rapidement un emploi. Un tel système est aussi coûteux et représente plus de 10% du produit intérieur brut du pays. En conséquence comparaison n’est pas raison.
Les 35 heures ont eu un effet positif |
Un tiers des américains reculent l’âge de prise de leur retraite |
Un tiers des américains reculent leur date de prise de retraite faute d’épargne suffisante. C’est le fonds mutuel d’investissement Fidelity qui nous l’apprend pour s’en plaindre...
Les deux motifs invoqués dépassant le tiers il faut supposer que les deux causes peuvent se cumuler.
- 35% d’entre eux déclarent qu’ils ont commencé trop tard à épargner,- 25% disent avoir été victimes de mauvaises décisions d’investissement ou de fluctuations défavorables des marchés financiers.
Encore un paradoxe qui vient d’être constaté par la revue de l’INSEE. La réduction du temps de travail à 35 heures a produit 350 000 emplois supplémentaires entre 1998 et 2002. Elle n’a eu aucun effet négatif sur la marche des entreprises, qui ont enregistré des gains massifs de productivité pendant cette période. La revue Economie et statistiques décrit dans un numéro paru fin juin, en 6 chapitres, les effets de la réforme. La partie la plus intéressante de l’étude est celle où le cumul des allégements fiscaux et de la modération salariale, montre qui a financé les 35 heures. Par la compensation des charges salariales et par le gel des salaires, ce sont les salariés qui ont financé la totalité du plan. La poursuite de la diminution des charges salariales au niveau du SMIC, puis le gel des salaires est en définitive payé par les mêmes personnes qu’elles soient consommateurs ou salariées.
Les patients concernés par le réseau qualivie sont 189, dont 30% d’hommes et 70% de femmes. Le médecin traitant procède au recueil de données médicales, sociales et environnementales. Un comité d’expert monte une base de données informatique permettant de quantifier les indices de fragilité propres à la population considérée. Il résulte des questionnements et des réponses des patients une typologie des risques liés au vieillissement, qui est la suivante :
A Nice l’expérience Qualivie
Maisons de retraites : nos aînés maltraités
En dépit de l’existence de nombre d’organismes qui s’occupent des seniors et de leurs réflexions, les rapports s’empilent, sans que leur situation ne s’améliore. Trois récents exemples viennent à l’appui de cette démonstration.
La baisse du pouvoir d’achat des retraites