La motion de Roquebrune sur Argens

Publié le par FO com POSTE section Aples-Maritimes

 

 Les retraités FO toujours déterminés à défendre les acquis sociaux
 

Le Comité exécutif de l’Union confédérale des Retraités réuni à Roquebrune-sur-Argens le 13 juin 2008, se félicite de la forte mobilisation des retraités le 6 mars dernier ainsi que des journées nationales interprofessionnelles d'action et de manifestations les 16 avril, 15 et 22 mai derniers au cours desquelles les salariés et les retraités ont exprimé leur opposition aux orientations gouvernementales en matière de retraite qui creusent les inégalités.


Le comité exécutif de l’UCR souscrit pleinement à la déclaration solennelle de la commission exécutive confédérale du 1er juin 2008 appelant à une «journée de grève interprofessionnelle» pour faire reculer le gouvernement sur la question des retraites et «empêcher le passage à 41 ans de cotisations pour avoir une retraite à taux plein». Force est de constater que cette proposition a été rejetée par la CFDT et la CGT, enferrées dans la « position commune avec le patronat (le MEDEF et la CGPME) » du 9 avril 2008 portant remise en cause des règles actuelles de la représentativité des organisations syndicales et des droits collectifs des salariés (code du travail, conventions collectives, durée du travail ...).

 

►L’annonce du
Président de la République d’une revalorisation supplémentaire des pensions et retraites de 0,8 % en septembre prochain, n’est nullement de nature à infléchir la détermination des retraités FO. La mesure est en effet loin de répondre aux besoins et aux attentes des retraités exprimés avec force notamment le 6 mars dernier et au regard de l’inflation constatée sur les 12 derniers mois (+ 3,30 %). La promesse gouvernementale apparaît plus comme une annonce d’opportunité, pour ne pas dire spécieuse, visant en réalité à tenter d’isoler les retraités et pensionnés des actions de mobilisation pour la défense des pensions et retraites.
L’UCR-FO dénonce les règles pénalisantes en vigueur pour la revalorisation  des retraites et pensions et exige le retour au calcul sur les 10 meilleures années, le retour à l’indexation des retraites et pensions ainsi que des droits à retraite en cours de constitution sur l’évolution des salaires et revendique un revenu minimum décent pour tous (fixé à minima comme équivalent au SMIC). En matière de pensions de réversion, l’UCR-FO rappelle sa revendication du maintien du droit à la pension de réversion, l’amélioration du taux, la suppression des conditions de ressources pour l’attribution ou la révision de la pension ainsi que le refus que cette prestation revête le caractère d’une allocation différentielle à caractère d’aide sociale.
Il est inacceptable que les retraités soient pénalisés par l’actuelle répartition de la richesse, que leur situation financière s'aggrave d’année en année et qu’ils se paupérisent. Les retraités FO condamnent cette dérive qui remet en cause les fondements et les valeurs de solidarité intergénérationnelle attachés aux régimes de retraite par répartition et refusent que ceux-ci ne servent que des prestations a minima, insuffisantes pour permettre de vivre correctement et contraignant certains retraités à travailler pour compléter leur retraite.
Pour améliorer le pouvoir d’achat des retraités, il faut d’autres mesures que l’ouverture des magasins le dimanche ou la baisse artificielle des prix des géants de la distribution.

MM. Constantini, Devy et Jayez

► En matière de santé, la situation s'annonce de plus en plus difficile pour nombre de retraités avec la mise en place des nouvelles franchises médicales, des déremboursements de médicaments, le bouclier sanitaire et pour corollaire, l’augmentation des tarifs des complémentaires santé.

L’UCR-FO dénonce ces dispositions qui s’ajoutent au ticket modérateur, au forfait de 1 € par acte de soin, au forfait hospitalier porté à 18 €,  au forfait de 18 € sur les actes supérieurs à 91 €, aux pénalités en cas de non suivi du parcours de soins coordonné, aux déremboursements et moindres remboursements de médicaments. Ces mesures s’avèrent très douloureuses pour tous les assurés les plus défavorisés et tout particulièrement pour les retraités et les personnes en perte d’autonomie qui ont le sentiment d'être mis à contribution toujours davantage et de ne recevoir en contrepartie que des prestations de plus en plus faibles.
L’affectation prévue par le gouvernement des prétendues «économies» attendues du système de franchises médicales au financement de la lutte contre le cancer, de la prise en charge de la maladie d'Alzheimer et du développement des soins palliatifs, n’est pas une réponse satisfaisante dans ce domaine où les besoins sont considérables. Pour l’UCR-FO, ces «non dépenses» estimées à 850 millions d’euros «d’économie» pour la Sécurité sociale ne peuvent être considérées comme des ressources pérennes dont ce secteur a tant besoin.
Ces dispositifs qui consistent à taxer les malades en leur imposant une contribution, traduisent en réalité, une remise en cause de la Sécurité sociale fondée sur la solidarité que les retraités Force Ouvrière ne peuvent accepter.

- Par ailleurs, les retraités FO s’inquiètent vivement du projet, porté par le Haut Conseil de l’avenir de l’assurance maladie, de réforme du système de suivi médical et de couverture sociale des affections de longue durée (ALD). L’instauration d’un «bouclier sanitaire» (plafond de dépenses prises en charge fixé selon le niveau de ressources) supprimerait de fait les ALD et serait une mesure lourde de conséquences pour les retraités et personnes âgées, populations principalement concernées. Il s’agit là d’un enjeu de santé publique qui nécessite les plus grandes précautions.

- Sur la question du financement de la dépendance, les premières orientations du gouvernement présentées le 28 mai dernier ouvrent la porte aux assurances privées, préconisant la mise en place d’un risque mixte, formé d’un premier socle de financement par la solidarité nationale sur lequel viendrait s’articuler un second étage alimenté par l’effort d’épargne individuelle assortie d’incitations fiscales. S’agissant de l’APA, le gouvernement souhaite prendre en compte la capacité contributive des bénéficiaires de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) en offrant  le choix aux  détenteurs de patrimoine entre une prestation à taux plein assortie d’un gage sur le patrimoine, et une prestation à taux réduit servie sans condition.

L’UCR-FO n’accepte pas qu’on puisse demander aux personnes dépendantes de vivre leur dépendance à crédit. Elle continue de revendiquer la création d’un cinquième risque de Sécurité sociale.


De gauche à droite : Benoît Jayez, Hélène Ho Minh Triey, Ginette Jayez, Michèle Jacotey, Jean-Claude Tartié

► L’UCR-FO refuse le schéma général de protection sociale qui se  profile, à savoir : un système collectif de protection sociale minimale pour une majorité de la population (avec des retraites a minima, un panier de soins réduit en cas de maladie...), des garanties complémentaires individuelles réservées à ceux qui ont les moyens de capitaliser pour se constituer des retraites supplémentaires et de souscrire des assurances privées.

- Maintenant son exigence d’une véritable politique d’augmentation du pouvoir d’achat des retraites et pensions, les retraités FO apporteront leur soutien à toutes les initiatives de la confédération pour faire barrage aux orientations du gouvernement sur la réforme des retraites et de la protection sociale collective et solidaire.


Paul Barcaroli, Guy Muller, André Guelf

L’UCR-FO appelle tous ses adhérents à soutenir et à participer à la campagne électorale des prud’hommes organisée par les Unions départementales.

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Publié dans REVENDICATIONS

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