Retraités janvier 2008

Publié le par FO com POSTE section Aples-Maritimes

Ca ne sert à rien
C’est une réponse à tous ceux qui prétendent qu’une défense du pouvoir d’achat ne sert à rien dans la présente conjoncture. Il faut pourtant se défendre car la situation présente est entièrement nouvelle.
 
La hausse des prix
Elle concerne l’ensemble des matières premières agricoles et des prix de l’énergie. Une augmentation de telle ampleur s’est produite en 2007, mais l’effet de report des hausses se poursuivra en 2008. Le Gouvernement, dont les prévisions surestiment toujours la croissance, sous-estime toujours la hausse des prix. Avec la dernière augmentation de 1,10% du montant des retraites, le retard du niveau des pensions s’aggrave car la hausse des prix a été de 2,6% en 2007. Pour les deux derniers mois, cette hausse a même été de 1%. Le rythme annuel montre bien une aggravation avec une tendance vers les 5/6%. Or les augmentations des années précédentes organisaient déjà une dépréciation du pouvoir d’achat. Pour un retraité perdre 1 ou 2% par an ne semble pas grand-chose, toutefois sur 10 ou 20 ans, la perte totale se traduit par une baisse indéniable du niveau de vie et du confort même de cette vie.
Qu’est ce qui peut rendre les victimes aussi amorphes ? L’accélération en cours de la hausse de prix attestée par un grand de la distribution qui avoue + 5% dès le début de l’année, exige une riposte rapide.
 
Que dit le Gouvernement ? Les caisses sont vides, l’état est en faillite !! Tiens la faillite ne les concerne guère eux qui s’octroient des avantages considérables pour qui est logé dans les palais nationaux !
Or ce discours est entièrement faux dans la mesure où il est véhiculé par une presse par ailleurs en crise de par son manque d’indépendance et son aliénation au pouvoir économique. C’est un économiste d’Alternatives économiques (Mathieu Plane de l’OFCE) qui nous éclaire et modifie profondément le discours dominant.
Non les caisses ne sont pas vides. Si chaque enfant possède une dette de 18 700 euros à sa naissance, on oublie facilement les 11 000 euros d’actifs de l’état… On oublie aussi que chaque enfant dispose d’une fraction du patrimoine économique évalué à 185 000 euros.
Non nous ne sommes pas en faillite car la dette de l’Etat est classée 3 A au sommet de la qualité des emprunteurs et son financement est recherché par tous les éventuels créanciers.
 
Enfin l’Etat triche continuellement dès lors qu’il dispose du pouvoir de modifier la statistique. Pour le livret A il a bloqué la hausse à 3,5% alors qu’il aurait dû accepter 4%. Il a modifié à deux reprises l’indexation de la hausse des loyers en modifiant la base même de l’indexation. Il cherche aussi à modifier le baromètre de la croissance qui serait transformé en un indicateur shadok de bonheur brut.
En matière de chômage, l’INSEE a été incapable avant les élections de publier des chiffres valables. Et si la catégorie des chômeurs « officiels » diminue, les catégories 2,3 et 4 ne cessent de progresser. Il suffit de travailler 78 heures par mois pour être éjecté des statistiques du chômage !! Le chômage des seniors au lieu de baisser a augmenté de 100 000 personnes en complète contradiction avec les projections du Conseil national des retraites.
 
Les seniors désabusés
En dépit d’affirmations selon lesquelles « ça ne sert à rien », les sondages montrent bien que les seniors sanctionnent plusieurs aspects de la politique actuelle. Eux qui ont porté au pouvoir le nouveau chef de l’Etat doivent constater l’inanité de certaines promesses électorales. Notamment celle de l’augmentation de 25 % des retraites les plus modestes. Un profond mécontentement s’étend lentement et sûrement entre l’ambiance de machine à sous émanant de voyages, de lois sur mesure, qui constituent de nombreux manquements à la démocratie.
C’est l’abaissement du rôle des ministres et du premier d’entre eux, le non respect de la répartition du pouvoir prévu par la constitution. Après la destruction des articles 19, 20 21, c’est la répartition entre la loi et le règlement qui est attaquée.
C’est la mise en scène de la vie privée de personnes publiques qui met en cause la dignité des fonctions. Elle montre aussi le vibrionnisme, la surexcitation de personnes capables de rompre leurs engagements familiaux à plusieurs reprises. Que le mensonge existe on peut le supposer, mais qu’il devienne un exemple, qu’il s’affiche au plan international, là nous ne suivons plus. Est-ce moderne que d’emprunter ses références à Napoléon III ou à Louis XIV ? Faut il bouleverser la hiérarchie et placer le prêtre au dessus de l’instituteur, en opposition complète avec l’histoire de la IIIème République ? Celui qui recherche son bonheur personnel dans une fuite en avant continue comprend-t-il le malheur progressif de ceux qui voient leur pouvoir d’achat chaque jour attaqué ?
De recomposition en recomposition on comprend qu’il n’y a plus de limites y compris pour constituer un gouvernement recomposé avec les adversaires de la veille. Mais pour recomposer n’a-t-il pas auparavant fallu se décomposer ?
Dans une situation de crise économique, morale et institutionnelle, nous devons exiger le respect du minimum de dignité. En demandant la politisation des élections locales, politisation nullement indispensable dans de nombreuses communes, il nous est demandé d’accepter notre triste sort.
 
L’importance des sondages
Une autre variante du « ça ne sert à rien » est le « c’est la faute à avant ». Aussi l’invocation des précédents gouvernements permet de rejeter la faute sur l’héritage laissé par les prédécesseurs (fussent ils de la même coloration politique). Même si cet héritage date quelque peu ! C’est oublier que le syndicalisme ne tient pas compte de la nature politique du pouvoir en place. Nous devons toujours nous confronter à des pratiques que nous condamnons même si elles émanent de nos propres amis. Le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument. Il est donc de notre devoir de redonner l’espoir lorsque nos adhérents trop crédules ont été abusés par de trop belles promesses électorales.
De récents sondages montrent que l’Elysée a peur du vote des seniors. Nous verrons bien prochainement à l'occasion des élections municipales si le "ca ne sert à rien" est validé ou non.

Guy Muller
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Publié dans Lettres d'information

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