Les français ont une image négative sur les maisons de retraite
Un record : 52% des français ont une opinion négative sur les maisons de retraite
Notre organisation défend les personnes âgées qui n’ont pas d’autre alternative que de devoir vivre en maison de retraite. Mais cette solution doit être compatible avec le respect du aux personnes. Ce respect suppose la participation et la connaissance des règles du jeux internes à l’établissement : contrat, participation au conseil de vie, fréquence des constats internes d’évaluation.
Le sort de nos aînés dépend du coefficient d’encadrement propre aux établissements. Or ce taux est très faible en France par rapport aux pays qui l’entourent.
Selon un sondage réalisé les 23 et 24 avril pour la Fédération hospitalière de France (FHF), auprès de 1.000 personnes, une majorité (52%) des personnes interrogées a ainsi une «image négative» des maisons de retraite, ce qui représente une hausse de 16 points en cinq ans. A l'inverse, seuls 39% des Français ont une image positive de ces établissements.
Le sondage est éloquent: 52% de Français ont une mauvaise image des maisons de retraite et près des trois quarts estiment que la prise en charge des personnes âgées par les pouvoirs publics n'est pas satisfaisante.

Une dégradation massive et continue
Des évolutions aussi importantes en si peu de temps sont très rares dans des sondages sur des sujets de société, a commenté Fabienne Simon, de TNS-Sofres, qui y voit le signe que la prise en charge des personnes âgées est «devenue un enjeu crucial» pour les Français. D'autant qu'on attend deux millions de personnes âgées de plus de 85 ans en 2015 contre 1,3 million aujourd'hui, 85 ans correspondant à l'âge moyen d'entrée en maison de retraite.
Une écrasante majorité (78%) de Français estime d'ailleurs que l'on ne parle pas assez de ce sujet, une opinion partagée par le président de la FHF Claude Evin, selon lequel «il n'y a personne pour défendre les personnes âgées en France».
Des maisons de retraites trop chères
On compte près de 700.000 places d'hébergement pour personnes âgées dans l'Hexagone. Et d'après cette enquête, un Français sur trois a une personne âgée dépendante parmi ses proches. Parmi les griefs exprimés vis-à-vis des maisons de retraite,
- 97% des sondés estiment que «cela coûte cher»,
- 88% qu'il n'y a pas assez de places,
- 76% d'entre eux pensent d'ailleurs qu'ils ne pourraient pas s'acquitter des 2.200 euros mensuels que coûte en moyenne un hébergement.
Les Français sont donc demandeurs d'une meilleure prise en charge par les pouvoirs publics, 71% la trouvant insuffisante. Ils se prononcent à 45% pour une prise en charge reposant sur la solidarité nationale en fonction des ressources de la personne âgée, et via de nouveaux prélèvements obligatoires.
40% des sondés pensent également que les personnes âgées sont «souvent maltraitées» en maison de retraite, soit une hausse de huit points en deux ans.

La consternation du Synerpa
Du côté des maisons de retraite, le syndicat Synerpa (maisons de retrite privées) a, lui, accueilli ce sondage «avec consternation», déplorant que «les efforts et l'investissement (...) pour améliorer sans cesse l'accueil (...) ne parviennent plus à masquer l'angoisse et la détresse des Français face à l'accroissement de la dépendance de leur proche».
Pour la secrétaire d'Etat à la Solidarité, Valérie Létard, les Français ont encore l'image des maisons de retraite d'il y a vingt ans, quand elles étaient encore souvent des «mouroirs» alors que «les choses ont considérablement évolué», selon elle. Elle a rappelé que les moyens alloués au secteur ont plus que doublé depuis 2003, même si des moyens humains supplémentaires sont encore nécessaires.
A ce propos devons nous rappeler la situation du téléphone en France, au début des années 1980 et les déclarations des ministres successifs, selon lesquelles tout allait pour le mieux dans ce secteur. L’une de ces éminences grises avait d’ailleurs déclaré que le téléphone était un gadget. C'est à la suite d'enquêtes d'opinion qu'un important effort d'investissement fut entrepris avec la création de sociétés de financement spécifiques.
La situation des maisons de retraite est identique actuellement. Elle exige qu’un nouveau regard soit porté sur des conditions de vie qui font peur à l’ensemble de la population. Tôt ou tard il faudra bien améliorer la situation, l'attente et l'inertie ayant un prix élevé. Tant que les responsables fermeront les yeux la mobilisation indispensable ne permettra pas de porter une réforme. Le voulons nous ?
Guy Muller Coderpa 06