PETTION CONTRE UNE ABSURDITE
PETITION CONTRE UNE ABSURDITE
Appel à signer la pétition d’Alternatives Economiques
Si vous êtes d’accord avec le texte d’Alternatives Economiques, veuillez signer cet appel déjà approuvé par l’ensemble de vos organisations syndicales.
http://www.alternatives-economiques.fr/petition
Le savoir-faire de nos dirigeants est mis en cause de plus en plus souvent. En matière économique les erreurs sont souvent payées non par les responsables placés au sommet, mais par la base. C’est pour cela que les organisations syndicales ont le droit de contester les erreurs et les fautes les plus dangereuses. Nous avons contesté les dispositifs dits :
- TEPA considéré comme injuste car favorisant les inégalités sociales,
- La suppression de la taxe professionnelle qui reportera sur l’ensemble des contribuables le montant de ses recettes actuelles (entre 8 et 28 milliards),
- La suppression de la progressivité de l’impôt et la création du bouclier fiscal,
- Les baisses de TVA ciblées au profit de professions aptes à exercer un lobbying politique,
- Les aides apportées à l’automobile à hauteur de 8 milliards.
Nous constatons que l’ensemble de ces aides de l’Etat est orienté dans le même sens. Or d’autres pays prennent en ce moment une voie très différente. Les Etats-Unis limitent les hausses des salaires les plus élevés au niveau de 500 000 dollars. En France les dirigeants d’entreprise du CAC40 perçoivent en moyenne 4 millions d’euros par an !
Le logiciel libéral aura au fil des mois du mal à résister à la crise en cours.
Heures supplémentaires : le scandale
Elles font partie de ces grandes erreurs fondatrices dont les politiques français ont le secret. Depuis quelque temps les caricaturistes s’en donnent à cœur joie en dénonçant les conséquences de l’imprévoyance gouvernementale.
- un chômeur est accueilli avec joie au nouveau pôle de l’emploi avec ces mots aimables « la bonne nouvelle pour vous, c’est que vous êtes enfin sorti du carcan des 35 heures »,
- un salarié les mains dans les poches déclare « pour l’instant, je fais surtout des heures supplémentaires de chômage »,
- un PDG explique à un directeur d’usine : « on a mis l’usine aux trois huit : huit jours de boulot, huit jours d’heures sup, huit jours de chômage ».
Guy Muller FO Com Alpes Maritimes
Même en Chine le chômage frappe
Malgré la crise, le recours aux heures supplémentaires défiscalisées a encore progressé au dernier trimestre 2008. D'évidence, il ne s'agit pas de faire face à un surplus d'activité, mais de remplacer les salariés qui ne sont plus là.
Les chiffres viennent de tomber : au 4e trimestre 2008, le nombre d'heures supplémentaires bénéficiant du dispositif d'exonération de tout prélèvement a encore augmenté. Il y a un an, alors que la crise n'était pas là, ou pas encore, et que la croissance trimestrielle du produit intérieur brut (PIB) était de 0,4 % (+ 1,7 % en rythme annuel), le nombre d'heures supplémentaires déclarées au titre de ce dispositif avait atteint 144 millions. Un an plus tard, nous en sommes à 184.8, soit une progression de... 28 %, alors même que l'activité économique au cours de ce trimestre a diminué de 1,2 %, correspondant à un rythme annuel de 5,9 %.
A l'évidence, les entreprises n'ont pas eu besoin de ces heures supplémentaires pour faire face à un surplus d'activité, mais bien pour remplacer des salariés qui ne sont plus là. Soit - hypothèse favorable - parce qu'ils sont partis en retraite ou ont démissionné et que l'entreprise ne les a pas remplacés. Soit - hypothèse défavorable - parce que leurs contrats temporaires sont arrivés à terme et n'ont pas été remplacés.
Il y a bien une troisième hypothèse, encore plus opportuniste : l'entreprise a licencié et remplace les travailleurs manquants en accentuant la charge de travail des travailleurs restants. Mais, dans les trois cas, cela signifie qu'un arbitrage a été effectué au détriment de l'emploi.
Or, ces 40 millions d'heures supplémentaires en plus correspondent à - environ - 90 000 postes de travail à temps plein sur le trimestre. Rappelons que, entre fin 2007 et fin 2008, 115 000 salariés du secteur concurrentiel ont perdu leur emploi. On peut les considérer comme les victimes d'un dispositif qui, non content de coûter cher aux contribuables, commence à peser sur l'emploi de façon considérable.
Certes, les salariés effectuant des heures supplémentaires gagnent davantage d'argent, et donc sont source de stimulation de l'activité par leurs dépenses. Mais ils le sont au détriment de ceux qui, à cause des mêmes heures supplémentaires, ont perdu leur job, lesquels consomment moins et donc contribuent à réduire l'activité économique. Si l'on prend en compte les effets d'aubaine des employeurs qui, de toute façon, auraient utilisé des heures supplémentaires et profitent donc de leur détaxation non pour augmenter leur production mais pour en réduire le coût, il est clair que le dispositif est devenu très sensiblement contreproductif.
Les 4 milliards d'euros qu'il coûte à la collectivité ne sont certes pas perdus pour tout le monde, mais ils pourraient être tellement mieux utilisés presque n'importe où ailleurs pour lutter contre la crise, qu'il devient quasi criminel de le maintenir. Le contribuable a mieux à faire que de payer pour supprimer des emplois, l'économie a mieux à recevoir que des subventions qui créent du chômage, l'Etat a mieux à dépenser que de creuser des déficits qui accentuent la détresse de beaucoup.
Denis Clerc
D’Alternatives Economiques