Questions d'adhérents

Publié le par FO com POSTE section Aples-Maritimes


Questions de nos adhérents

Vous avez pu suivre nos interventions auprès des maires et députés pour la défense des retraités. Mais les questions de nos adhérents sont très riches, car elles nous invitent à nous plonger dans les arcanes du droit ou à examiner de plus près une réalité plus compliquée.

 

Le Minimum de retraite

 

Un adhérent s’émeut de constater que son épouse, bien que n’ayant qu’une retraite de 250 euros par mois ne puisse percevoir le minimum évoqué par nos politiques de 632 euros.

 

 

Objet : Allocation supplémentaire pour les personnes âgées (nouvelle appellation du minimum vieillesse)

 

En réponse à ta lettre du 3 février, j’ai l‘honneur de t’apporter les informations suivantes.

Le minimum vieillesse est souvent évoqué par les pouvoirs publics, comme l’augmentation des retraites de réversions ou le minimum d’une retraite qui ne devrait pas être inférieur à 85% du SMIC. Il existe toutefois des barrières mises à l’extension de ces avantages par un principe très simple. Les mesures nouvelles opèrent pour les retraites nouvelles et pas pour les retraites déjà liquidées !

 

En ce qui concerne le minimum, il doit être compris de la façon suivante. Ce minimum est versé sous forme de complément à la personne qui a un revenu inférieur à 7 600 euros par an. C’est un complément qui est payé à une personne seule.

Dans le cas d’un couple leur revenu doit être inférieur à 13 630 euro pour donner lieu à ce versement.

Une deuxième limite a été instaurée pour diminuer encore le nombre des bénéficiaires. Il s’agit d’une récupération sur les successions dépassant les 39 000 euros.

            Je te prie d’agréer l’expression de mes meilleurs sentiments syndicalistes



Automobile : la statistique a bon dos

Un autre adhérent estime que l’automobile coûte très cher au contribuable : près de 8 milliards d’euros. Or la suppression de la taxe professionnelle à toute l’industrie est évaluée entre 8 et 28 milliards. Pour les banques l’enveloppe est de 21 milliards. Le plan social prévoit seulement 2,6 milliards en faveur de la consommation. Le plan visant à défiscaliser les heures supplémentaires aurait coûté 2,8 milliards. Eh oui, nos dirigeants ont cru bon de financer les heures supplémentaires à un moment où l’économie régressait fortement !

 

Afin de justifier le plan d’aide à l’économie, le versement de près de 8 milliards d’euros, est justifié par le nombre d’emplois qui dépendent de l’automobile. Aussi lorsque nos remarquables dirigeants disent : « l’automobile emploie 10% des salariés », ils justifient ainsi leurs choix économiques. Si on donne beaucoup, c’est que le jeu en vaut la chandelle, en conséquence le choix est parfaitement justifié.

 

Or les moyens de l’Etat étant limités, il faut toujours vérifier si les justifications données sont exactes. A défaut, les 8 milliards, seraient mieux employés dans un autre secteur économique. Le développement libéral a ainsi permis le développement de moyens de communications abondants, sans que l’on ne s’interroge si une meilleure utilisation de ces investissements aurait pu se réaliser. Que chaque consommateur change de téléphone tous les deux ans a pu empêcher l’utilisation optimale de certaines ressources mieux orientées : SIDA-Cancer.

 

Pour en revenir à l’automobile, elle est loin d’employer 10% de la population active. C’est en fait, seulement 3% de la population, qui travaille dans l’automobile et ses sous-traitants. Le reste : autoroutes, garages, carrossiers, stations d’essence, assurances autos peut se satisfaire d’un arrêt des ventes d’automobiles. Ces 7% de la population active vivent sur un parc de 36 millions de véhicules. On peut même dire que le vieillissement du parc auto leur assure encore plus de revenus. Des voitures plus anciennes consomment plus de carburant, exigent des réparations plus fréquentes, des renouvellements de pièces (pneus, amortisseurs, courroies, batteries, lampes, freins).

 

Octroyer 8 milliards d’euros à l’automobile, pour seulement 3% de la population, c’est de plus assurer la diminution de cette population. Les nouvelles chaînes de montage seront plus rapides, avec plus de robots et amélioreront la productivité globale des constructeurs. En conséquence les aides prévues en faveur de l’automobile n’auront jamais les résultats économiques favorables attendus par le gouvernement. C’est une nouvelle et grave erreur qui s’ajoute à d’autres. Pour mémoire, la Cour des Comptes vient de calculer que la privatisation des réseaux d’autoroute avait été réalisée à la moitié du prix qui aurait du être exigé par l’Etat.

 


Guy Muller

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Publié dans REVENDICATIONS

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